La réplication de l'ADN chez les eucaryotes, utilise de nombreuses
origines réparties le long du génome. L'" allumage " des différentes
origines est coordonné au déroulement du cycle cellulaire, et
fonctionnellement relié à l'état de la chromatine ainsi qu'à la
chronologie de la transcription. La connaissance des origines est donc
essentielle pour mieux comprendre les liens reliant ces
mécanismes. Toutefois, chez les eucaryotes supérieurs, seul un petit
nombre d'origines ont été identifiées expérimentalement et aucun
consensus de séquence n'a pu être établi. Plusieurs points de vue
coexistent aujourd'hui pour décrire l'initiation de la réplication
dans ces organismes : un démarrage pouvant utiliser des séquences
spécifiques, comme chez S. cerevisiae, ou un démarrage s'appuyant
plutôt sur des éléments de nature épigénétique. Dans cette
problématique, l'objectif de ce projet est la détection des origines
de réplication actives dans la lignée germinale, et la caractérisation
statistique des réplicons à l'aide de méthodologies originales
d'analyse des séquences génomiques. Les variations de biais de
composition (biais T/A et G/C) ont été utilisées avec succès pour
trouver les origines de réplication chez de nombreuses bactéries,
organelles et virus, mais à ce jour, cette méthode n'a pas donné de
résultat chez les eucaryotes supérieurs. Pour surmonter certaines
difficultés rencontrées chez ces organismes (hétérogénéité de la
taille des origines et des réplicons, biais de composition lié à la
transcription), nous avons entrepris l'analyse des biais à l'aide
d'une méthodologie multi-échelle, la transformée en ondelettes
(TO).

L'examen à différentes échelles des régions transcrites et
non-transcrites, ainsi que des origines de réplication connues,
indique que la transcription et la réplication participent toutes deux
aux profils de biais observés. La possibilité de séparer ces deux
contributions sera au coeur de notre projet et exploitera les formes
distinctes des profils de biais de transcription (créneaux) et de
réplication (dents de scie dues a la nature diffuse de la terminaison)
via un choix de formes d'ondelettes optimales. Sur la base de notre
récente découverte de la conservation des profils de biais autour des
origines de réplication chez l'homme et dans les régions synténiques
chez plusieurs mammifères (souris, rat), nous développerons des
approches comparatives dans la représentation espace-échelle fournie
par la TO, pour étudier la conservation des origines chez les
mammifères. Le projet consistera à : (i) montrer l'existence d'un
biais réplicatif chez divers eucaryotes en différenciant clairement
les profils caractéristiques de la réplication de ceux de la
transcription par la construction de deux formes d'ondelettes
analysatrices adaptées; (ii) automatiser la détection des origines de
réplication dans des génomes entiers ; (iii) caractériser les
séquences de ces origines (inférence de motifs, etc.) ; (iv) étudier
par approche phylogénétique les séquences et la distribution spatiale
des origines de réplication ; (v) examiner à la lumière de ces données
les liens entre réplicons et domaines d'expression génique.
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modif 19-06-07